De la colonisation aux jeux-olympiques de Sydney en 2000 en passant par l’affaire Eddie Koiki Mabo en 1992 … tout a été épié pour vous offrir la compréhension que mérite la catastrophe australienne actuelle dans la guerre « du plus fort »

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Black Fellas Vs. White Fellas ?

Novembre 2014, le ministre de l’Australie occidentale Colin Barnett prononçait son souhait de fermer 150 des 274 communautés de l’état. Ce dernier donnait à titre péremptoire les coûts excessifs bien qu’essentiels – eau/électricité/éducation – déboursés au sein des 115 communautés ne comptant qu’en moyenne 5 résidents.

Les quelques 713 600 aborigènes et îliens du détroit de Torres ne représentent que 3% des 23,13 millions d’habitants sur le sol du pays mais ont décidé de mettre le holà à la continuité de leur histoire qui, jusqu’ici n’a cessé d’être falsifiée.

Le terme de « Terra Nullius » n’est qu’un mirage

 Ce terme vient du latin et signifie « terre n’appartenant à personne. » Mais ceci, vaste de conceptions a été modifié par la législation universelle pour lui donner la définition de terre non-entretenue et donc obligée de n’appartenir à personne.

Attribuée aux terres australiennes à l’arrivée des colonisateurs britanniques, la vérité a été fustigée.

« Il y a en quelque sorte une lecture sélective de l’histoire »

« Il y a en quelque sorte une lecture sélective de l’histoire » nous explique Bruce Pascoe dans son livre Dark Emu qui étudie les textes des premiers explorateurs. En effet, les terres australiennes découvertes par les britanniques auraient été, un jour, magnifiques car tellement bien soignées par ses peuples d’origine. Pourtant il fallait bien la déposséder à ses habitants et les récits de voyages … pour aller dans ce sens, lui ont conféré ce terme de « terra nullius »

Dès lors, ces terres n’eurent plus de propriétaires et furent pillées sous « la loi du fort » un concept occidental mettant une fois de plus la définition à son avantage.

Eddie Koiki Mabo

Le 30 mai 2014 a eu lieu un rassemblement sur l’île Heirisson lors de la commémoration du 27 mai 1967. Ce jour où 90% des australiens votèrent le recensement des aborigènes à l’échelle nationale. Les Noonga – aborigènes du sud ouest – ont alors brandi le drapeau jaune, vert et rouge pour affirmer leurs droits en tant qu’hommes et citoyens.

Ils ont évoqué un nom important de leur histoire : Eddie Koiki Mabo. Originaire du détroit de Torres, cet homme a fait exister l’identité de tout un peuple, jusque là, décimé. Avocat du droit de la terre, il se fait connaître lors d’un discours à l’université de Cook en 1981, celui-ci définit allégrement les notions de propriétés terriennes et de transmissions des terres sur l’île de Murray et se fait ordonner d’entamer une procédure devant la Cour afin que les droits de son peuple soient enfin reconnus. Le 3 juin 1992 est rendu illégitime le terme de « terra nullius » lorsqu’il concerne la terre australienne. Cette décision s’appelle aujourd’hui Mabo en hommage à ce grand homme décédé de stress.

Jeux-Olympiques

L’athlète d’origine aborigène, Cathy Freeman, allumait en 2000, la flamme des jeux olympiques afin de prouver au monde entier ; l’entente trouvée, la rancœur effacée. Mais aujourd’hui, persiste l’expression de « loi du fort. » Posséder tout un territoire et le gouverner n’étaient donc que les prémisses d’une politique menée par des hommes sans scrupules et pour lesquels le nombre de larmes versées représente l’enrichissement.

 

Céline Blervacque

Publié sur AgoraVox